16/2/00. Une compagnie d'électricité japonaise va planter des arbres en Australie

Une compagnie d'électricité japonaise a signé cette semaine un contrat qui constitue une première dans le monde: la compagnie financera la plantation de millions d'arbres en Australie pour compenser ses émissions de gaz à effet de serre.


La compagnie d'électricité de Tokyo (TEPCO) s'est engagée à payer 130 millions de dollars australiens sur 10 ans à l'Administration des forêts de Nouvelle Galles du Sud pour planter 40 000 hectares de forêts sur la côte nord et les plateaux du sud de l'état. Ce contrat est le premier du genre dans le monde mais le gouvernement de Nouvelles Galles du Sud est en négotiations avec d'autres entreprise japonaises, en particulier le siderurgiste Nippon Steel. Le principe de ce nouveau commerce est simple: dans le cadre du protocole de Kyoto adopté en 1997, les industries les plus polluantes, comme les centrales thermiques, doivent, on le sait, réduire de façon substantielle leurs émissions de gaz à effet de serre en particulier de gaz carbonique avant 2008. Mais si ces entreprises financent la plantation de forêts, capables d'absorber de grandes quantités de gaz carbonique, elles peuvent déduire cet apport positif de leurs quotas et continuer donc à polluer l'atmosphère au même niveau qu'auparavant.

La Nouvelles Galles du Sud - qui, contrairement au Japon, dispose de vastes surfaces qui ne demandent qu'à être reboisées - a été le premier état dans le monde en 1998 à voir la valeur commerciale de cette clause du protocole et à instaurer un marché légal de ces "crédits" en carbone à la bourse de Sydney. Au lieu de s'engager directement dans des opérations de reboisement, les industries polluantes japonaises paient donc l'administration australienne des forêts pour faire le travail à leur place, le bois des plantations restant leur propriété. La Compagnie TEPCO, la première à profiter de ce nouveau marché, estime qu'elle pourra ainsi déduire de son quota l'équivalent de 30 000 tonnes de carbone par an.

Le marché passé avec TEPCO a été salué comme un pas dans la bonne direction mais les scientifiques ne manquent pas de rappeler que le reboisement ne suffira pas pour résoudre le problème du réchauffement de la planète. Il faut s'attaquer plus sérieusement, disent-ils, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à la recherche de sources d'énergie alternatives.