07/08/00. Débat sur la fécondation in vitro

Le Premier ministre australien, John Howard, a provoqué un large débat en Australie sur le concept de la famille en annonçant la semaine dernière qu'il allait déposer au Parlement à la rentrée un projet de loi visant à limiter l'accès aux procédures de fécondation in vitro aux femmes vivant en couple avec un partenaire masculin.


C'est une décision de justice le mois dernier qui a poussé le Premier ministre à intervenir publiquement. Un tribunal fédéral a en effet jugé discriminatoire la législation de l'état du Victoria qui interdisait aux femmes célibataires ou homosexuelles d'avoir accès aux techniques d'insémination artificielle ou de fécondation in vitro pour avoir un enfant. Pour John Howard, cette décision n'est pas juste: tout enfant, a-t-il dit, a le droit inné d'avoir non seulement une mère mais aussi un père.

Très vite, l'opinion australienne s'est divisée en deux camps, s'insultant l'un l'autre à coups d'invectives dans les colonnes des quotidiens. D'un côté, les associations féministes, les groupes homosexuels, la gauche en général qui ont accusé le Premier ministre de vouloir ramener une fois de plus l'Australie au temps des années 50. Avec 40% de mariages finissant en divorce et le nombre croissant de femmes célibataires, disent ces critiques, la famille de l'an 2000 est de moins en moins conforme au modèle classique Papa maman et les deux enfants.

Dans l'autre camp, les partisans de la famille traditionnelle, bien sûr, mais aussi les défenseurs des droits de l'enfant qui accusent certaines femmes de vouloir se procurer des bébés, pour des motifs purement égoistes, comme s'il s'agissait d'un objet de consommation. Les enfants de couples divorcés souffrent de n'avoir qu'un seul parent à la maison. Ce n'est pas la peine, disent-ils, d'encourager des mères célibataires à mettre des enfants au monde

A l'écart de ces deux courants d'opinion, il y a enfin les cyniques qui font remarquer qu'en lançant son pavé dans la mare au moment de la Conférence annuelle du parti travailliste, John Howard est parvenu à détourner l'attention des média de la campagne lancée par l'Opposition pour reconquérir le pouvoir.