7/1/00. L'affaire Kalejs prend un tour politique

L'affaire Kalejs, un citoyen australien originaire de Lettonie soupçonné d'avoir participé à l'élimination de 30 000 civils, la plupart des Juifs, lors de la seconde guerre mondiale, continue de dominer l'actualité en Australie. L'affaire a pris désormais un tour politique, l'opposition travailliste accusant d'immobilisme le gouvernement du Premier ministre John Howard.


Suite à son expulsion du Royaume Uni, Konrad Kalejs est depuis vendredi dernier de retour en Australie et le gouvernement de John Howard se serait bien passé du retour dans son pays d'adoption de ce citoyen encombrant . L'opposition travailliste, depuis que l'affaire a été relancée il y a deux semaines, réclame que des poursuites judiciaires soient entamées contre M.Kalejs pour crimes de guerre. "La réputation de l'Australie a été ternie, a declare le porte parole travailliste, Simon Crean. On a l'impression que le gouvernement espère simplement que le problème disparaisse de lui-même."

La gouvernement, de son côté, fait remarquer que ce sont les travaillistes, lorsqu'ils étaient au pouvoir en 1992, qui ont décidé d'abandonner l'ensemble des poursuites contre les personnes soupçonnées de crimes nazis. Le vice premier ministre John Anderson a confirmé par ailleurs que le dossier Kalejs n'était pas fermé et qu'il pourrait être traduit en justice si de nouveaux éléments prouvant sa culpabilité étaient mis à jour. Mais il a averti que si M.Kalejs est acquitté lors d'un nouveau procès faute de preuves suffisantes, il sera alors impossible de le rejuger ou de l'extrader vers un pays tiers.

C'est peut-être là d'ailleurs la solution à l'épineux problème auquel est confronté le gouvernement Howard. Les autorités de Lettonie ont en effet rouvert leurs investigations sur le rôle de M.Kalejs dans la disparition de 30 000 civils dans la région de Riga en 1942 et pourraient demander son extradition à Canberra. En attendant M.Kalejs se terre quelque part à Melbourne. Dans un interview a la radio, il a admis avoir fait partie d'une unité de police auxiliaire travaillant pour le compte des nazis mais il a démenti une nouvelle fois avoir commis les crimes dont on l'accuse.