10/3/99. L'homme d'affaires Alan Bond retrouve la liberté.
Alan Bond, l'homme d'affaires australien, condamné en 1997 à 7 ans de détention a été remis en liberté cette semaine après seulement 3 ans passés en prison. Sa remise en liberté prématurée a relancé le débat sur le système de justice australien qui semble faire preuve davantage d'indulgencepour les riches que pour les pauvres.
Alan Bond a été condamné en 1997 pour avoir détourné 1 milliard 200 millions de dollars, la fraude financière la plus importante jamais enregistrée en Australie. M. Bond ayant passé un peu plus de 3 ans en détention, cela signifie qu'il a purgé environ une journée de prison pour chaque million qu'il a volé. Les commentateurs n'ont pas manqué de faire remarquer que dans l'Etat d'Australie occidentale, où Alan Bond est basé, un jeune délinquant est automatiquement condamné à 3 semaines de prison en cas de récidive même s'il vole simplement un paquet de biscuits. Il y a deux mois, à Perth, un jeune Aborigène a passé une nuit au poste pour avoir volé 40 cents dans une cabine téléphonique.
Alan Bond par ailleurs ne se retrouvera pas à la rue à sa sortie de prison comme la plupart des ses co-détenus. En dépît des longues investigations de la police fédérale, ses créditeurs n'ont jamais pu mettre la main sur les dizaines de millions de dollars qu'il a réussi à sortir du pays grâce à sa famillle et la complicité d'un banquier Suisse de ses amis. Théoriquement ruiné, Alan Bond va pouvoir reprendre immédiatement le train de vie fastueux qu'il a mené pendant les années 80, lorsqu'il s'était offert le tableau le plus cher du monde, les Iris de Van Gogh pour 53 millions de dollars.
La popularité d'Alan Bond auprès de l'opinion semble pourtant avoir peu souffert. Il faut rappeler que pendant longtemps Bondy, comme on l'appelait affectueusement, a été un héros des Australiens qui admiraient cet immigrant de famille modeste, self-made man, qui en une vingtaine d'années avait bâti un énorme empire commercial. Surtout en 1983, Alan Bond, avait ramené la Coupe de l'America en Áustralie, un exploit qui explique peut-être pourquoi aujourd'hui certains sont toujours prets à lui pardonner.