07/07/00. L'enquête sur le dopage dans le sport tuée dans l'oeuf
L'enquête sur l'étendue du dopage dans le sport en Australie qui avait été ordonnée par le Comité Olympique australien n'aura pas lieu. Raison officielle: l'athlète à l'origine du scandale, Werner Reiterer, refuserait de livrer les noms des responsables officiels impliqués et des autres athlètes qu'ils accuse de recourir à des produits dopants.
L'enquête ordonnée mercredi dernier par le Président du Comité Olympique Australien, John Coates, devait faire la lumière sur les graves révélations faites cette semaine par Werner Reiterer, le lanceur de disque australien, vice champion du monde junior en 1986, finaliste à Barcelone en 1992 et médaille d'or aux Jeux du Commonwealth en 1994. Dans un livre qu'il vient de terminer, intitulé "Positif", Weiner Reiterer révèle en effet qu'il a pris régulièrement depuis 5 ans des produits dopants avec la bénédiction de certains responsables officiels de la Fédération d'athlètisme et sans avoir jamais été inquiété lors des controles. Il dit tout haut dans ce livre ce que tout le monde savait déjà, à savoir que de nombreux athlètes et nageurs qui vont participer aux Jeux Olympiques de Sydney, auront recours à des produits dopants indétectables comme les hormones synthétiques de croissance, pour améliorer leurs performances.
Malheureusement l'enquête ordonnée par John Coates apparemment n'aura plus lieu: selon le Comité Olympique australien, Werner Reiterer refuse en effet de donner les noms des personnes impliquées dans ces opérations de dopage systématique car, dit-il, elles n'ont plus aujourd'hui de rôle officiel dans le sport australien. Cette décision a laissé tout le monde sur sa faim: le public qui voudrait savoir si le mythe du sportif australien, intègre et sain, est définitivement à ranger dans le placard des souvenirs mais aussi les athlètes qui visiblement ne sont pas tous dopés et dont chaque bonne performance sera désormais traitée avec suspicion. À deux mois du début des Jeux de Sydney, ce dernier scandale ne va rien faire pour redorer l'image bien ternie du sport de haute compétition.