31/07/00. L'Australie critiquée par un rapport du Comité des NU sur les droits de l'Homme
L'Australie a été une nouvelle fois montrée du doigt par les Nations-Unies pour son traitement de ses Aborigènes. Selon le Comité des Droits de l'Homme de l'organisation mondiale, l'Australie n'a pas pris de mesures suffisantes pour garantir que sa population indigène ait les moyens "d'exercer un contrôle significatif sur ses propres affaires".
C'est la deuxième fois cette année que l'Australie se fait épingler par les Nations-Unies: il y a 4 mois c'était le Comité pour l´élimination de la discrimination raciale qui l'avait critiquée pour son traitement des Aborigènes. Cette fois c'est le Comité des Droits de l'Homme qui estime que les lois australiennes ne garantissent pas suffisamment les droits de la population Aborigène.
Dans son rapport le Comité estime en particulier que la question des droits fonciers coutumiers n'avait pas été résolue et que la loi adoptée par le gouvernement Howard en 1998 limitait les droits des Aborigènes sur leurs terres ancestrales. Tout en reconnaissant que des progrès avaient été enregistrés dans ce domaine, le Comité recommande que le gouvernement australien donne aux Aborigènes une plus grande voix sur la façon dont sont utilisées leurs terres et leurs ressources naturelles.
Autre sujet de critique: le système de peines automatiques pour les récidivistes en vigueur en Australie occidentale et dans le Territoire du nord. Selon le Comité des Droits de l'Homme des Nations-Unies, ce système tend à imposer des peines disproportionnées par rapport aux crimes commis et à pénaliser en priorité les délinquants aborigènes.
Le Comité enfin estime que le Gouvernement n'a pas fait tout ce qui était en son pouvoir pour réparer les torts subis par les enfant aborigènes enlevés à leurs familles pour être placés dans des familles blanches d'adoption.
Les Associations aborigènes ont demandé au gouvernement de prendre note de ces critiques et d'agir en conséquence. Mais il ne faut pas s'attendre à une réaction immédiate de la part de Canberra: le gouvernement a rappelé que le Comité des Droits de l'homme n'a qu'un rôle consultatif et qu'il avait jusqu'à 2005 pour répondre à son rapport.