24/11/99: L'Australie championne du monde des émissions de gaz à effet de serre

L'Australie a dépassé les Etats-Unis au palmarès des nations qui émettent les plus grandes quantités de gaz à effet de serre par habitant, une distinction qui risque de placer l'Australie dans une position délicate lors de la prochaine réunion du Forum des Iles du Pacifique.


Selon l'étude menée par l'Australian Institute, un institut de recherche qui a basé ses conclusions sur les données officielles des Nations-Unies, l'Australie émet aujourd'hui, par tête d'habitant, 25% de dioxide de carbone de plus que les Etats-Unis et deux fois plus que les pays de l'Union Européenne. Deux raisons principales à cela: le fait que l'Australie fait appel aux carburants fossiles tels que le charbon et la lignite pour assurer ses besoins énergétiques mais surtout les défrichements massifs de forêts enregistrés dans l'état du Queensland.

Ces défrichements, qui étaient tombés à 340 000 hectares au cours de la saison 96-97, ont repris de plus belle ces deux dernières années à la suite de rumeurs selon lesquelles le gouvernement du Queensland allait bientôt introduire un projet de loi limitant l'arrachage des arbres sur les exploitations d'élevage. Selon les dernières statistiques, le rhytme actuel de défrichement au Queensland atteindrait 1 million 800 000 hectares par an, beaucoup plus que le rhytme de destruction de la forêt amazonienne du début des années 90 qui avait attiré à l'époque la condamnation de la communauté internationale.

Lors du sommet de Kyoto en 1997, l'Australie avait déjà reçu un traitement de faveur: au lieu d'avoir à réduire ses émissions de gaz à effet de serre au dessous du niveau de 1990, elle avait été autorisée à les augmenter de 8%. Pour atteindre cet objectif, elle s'était engagée à réduire les opérations de défrichement et à encourager au contraire la plantation de forêts. Le déboisement irresponsable effectué actuellement au Queensland, contre lequel le gouvernement n'ose pas s'opposer pour ne pas déplaire au puissant lobby des éleveurs, risque de placer l'Australie au ban de la communauté internationale.