03/04/00. Plusieurs dirigeants aborigènes lancent un appel à la perturbation des JO

Le gouvernement australien a provoqué la colère des organisations aborigènes en tentant de minimiser l'impact de la politique d'assimilation forcée pratiquée par une succession de gouvernements entre 1910 et 1970. A la suite de cette nouvelle controverse, plusieurs dirigeants de la communauté aborigène ont lancé un appel à une perturbation massive des prochains jeux Olympiques.


"Nous aurons 100 000 personnes à Sydney le 16 septembre prochain pour perturber le déroulement des Jeux Olympiques. Il y aura des voitures en flammes dans les rues" c'est ce qu'a prédit Charles Perkins, l'un des dirigeants aborigènes les plus respectés du pays. A l'origine de ces nouvelles tensions entre les organisations aborigènes et le gouvernement: la publication d'extraits d'un rapport soumis par le ministre des affaires aborigènes, John Herron, à une Commission sénatoriale, dans laquelle il tente de minimiser l'impact de la politique d'assimilation forcée pratiquée en Australie pendant la plus grande part du siècle dernier. Cette politique, jvlr, visait à enlever de force des enfants aborigènes des missions où leurs tribus avaient été rassemblées pour les placer dans des familles européennes.

Selon John Herron, le terme de "génération volée", utilisé pour qualifier ces enfants arrachés à leurs proches et à leur culture, ne s'applique pas car seulement 10% d'enfants aborigènes selon lui ont ainsi été enlevés. De plus, dit-il, ces pratiques étaient à l'époque légales et partaient d'une bonne intention.

Ces remarques ont immédiatement ravivé les tensions déjà existantes entre le ministre et les représentants de la communauté aborigène. Le sénateur Aborigène Aden Ridgeway s'est déclaré "consterné par le manque de sensibilité du gouvernement sur une question aussi importante". Ces propos sont stupides, a-t-il dit, et il a averti que le gouvernement aurait intérêt à remettre sur les rails le processus de réconciliation avant le début des Jeux Olympiques.

Mais il est sans doute déjà trop tard: plus d'une centaine de conseils des terres en Nouvelle Galles du sud ont déjà voté en faveur de manifestations massives en septembre. "Nous allons pouvoir montrer aux milliers de journalistes qui seront présents, ont-ils averti, le scandale des relations raciales dans ce pays".