06/10/00. Le ministre pour la réconciliation au centre d'une polémique

L'opposition toute entiere - travailliste, democrates et verts - ont uni leurs voix pour demander la démission du Ministre pour la réconciliation, Phillip Ruddock, à la suite des commentaires qu'il a fait dans les colonnes du quotidien parisien Le Monde à propos de la situation des aborigènes en Australie.


Décidément Phillip Ruddock a du mal à échapper à la polémique: le mois dernier, c'est en tant que ministre de l'immigration qu'il était fustigé en raison du traitement particulièrement sévère imposé aux demandeurs d'asile. Aujourd'hui, c'est en tant que ministre pour la réconciliation avec les Aborigènes qu'il se trouve de nouveau sur la défensive. À l'origine de ses problèmes actuels: un interview publié la semaine derniere dans le journal le Monde dans lequel le MInistre tentait d'expliquer pourquoi les Aborigènes sont, encore aujourd'hui, tellement défavorisés par rapport aux reste de la population Australienne. "C'est, disait-il parce qu'ils sont entrés tard en contact avec les Européens. Et qu'au moment de la colonisation, c'était une société qui pratiquait uniquement la chasse et la cueillette. Les Aborigènes n'avaient pas inventé la roue." expliquait Phillip Ruddock.

Ces propos, repris quelques jours plus tard dans la presse australienne, ont rapidement provoqué un tollé. Le sénateur Aden Ridgeway, le seul élu aborigène au Parlement australien, a réclamé la démission de Phillip Ruddock en raison je cite de "son manque lamentable de sensibilité et de compréghension des problèmes". Ce qu'il cherche à faire, a-t-il poursuivi, c'est de rejeter sur les Aborigènes eux-mêmes la responsabilité des problèmes dont ils souffrent aujourd'hui".

Pour l'instant la position de Phillip Ruddock est assurée. Il bénéficie toujours du soutien inébranlable du Premier Ministre, John Howard, qui s'est déclaré à 100% derrière son ministre et qui a qualifiées les attaques lancées contre lui de "politiquement correctes".