19/07/00. Sanctions australiennes contre Fiji
Le gouvernement australien a annoncé mercredi une série de mesures destinées à montrer son mécontentement à la suite de la destitution du gouvernement démocratiquement élu de Mahendra Chaudhry à Fidji. Canberra a décidé cependant de ne pas utiliser pour l'instant l'arme des sanctions économiques pour ne pas pénaliser la population fidjienne ainsi que les autres pays du Pacifique.
Des sanctions astucieuses, c'est ainsi que le ministre australien des affaires étrangères, Alexander Downer, a qualifiées l'ensemble des mesures prises par son gouvernement à l'encontre du pouvoir en place à Suva - des mesures qui visent à sanctionner Fidji sans détruire pour autant détruire son économie. On y trouve le classique rappel de l'ambassadeur australien a Suva, l'annulation de la cooperation militaire entre les deux pays et la suspension des programmes d'aide à l'exception de ceux concernant l'aide humanitaire. George Speight, le leader de la prise d'otages au Parlement de Suva et 80 de ses partisans ont été interdits d'accès sur le territoire australien et les tournées des équipes sportives fidjiennes ont été annulées. Fidji pourra cependant participer exceptionnelllement aux Jeux Olympiques de Sydney.
Cet ensemble de sanctions ne devrait pas en elle-mêmes trop affecter une économie fidjienne déjà en chute libre. Mais Canberra a averti que le système de crédits à l'importation, vital pour l'industrie fidjienne de la confection, ne sera pas renouvelé comme prévu au mois de septembre si, je cite, Fidji ne s'engage pas sur la voie de la démocratie. Ce sont 400 000 emplois qui seraient alors menacés.
George Speight a attaqué ces mesures: il s'agit, a-t-il dit, des stupidités habituelles proférés par les hommes politiques australiens qui ne comprennent rien à la situation dans la région du Pacifique. Le preneur d'otages, qui a passé de longues années au Queensland, a cependant admis qu'il regrette d'être desormais interdit de séjour en Australie, une mesure qui l'empêchera, a-t-il dit, de rendre visite à ses deux fils qui vivent toujours à Brisbane.